Le Portugal à vélo 7 oct au 4 nov 2015: 1640 km, Porto/Sagres mai 2017:1065km
Le nord:
Je passe quelques agréables journées ensoleillées à visiter Porto, le centre historique à pieds, et les plages et bords du Douro à vélo.
En descendant la longue avenue de Boavista, on arrive au parc Ciudades, avec ses pistes, bosquets, étangs aux canards, oies, cormorans…Puis aux plages de bord de mer vers Matosinhos, fréquentées notamment par les surfeurs. Ensuite, on peut revenir en longeant le Douro jusqu’au pont Luis, par une piste cyclable, puis en empruntant la voie du vieux tramway. La zone du Pont Luis, aux pieds du centre historique attire les foules de touristes.
En traversant le pont, on reprend la rive nord du Douro, le quartier des caves à Porto, des vieux bateaux, jusqu’à l’embouchure, par de pittoresques villages. Puis des espaces naturels préservent un peu la vie sauvage, on atteint les longues plages du sud de Porto, avec des chemins de planche, une belle piste cyclable longeant les plages, bordées de bar et restaurants, et de campings de l’autre côté de la route.
Le temps change quand je quitte Porto le long du Douro par la route 108 en rive nord. Nuages, quelques averses, ternissent la vue sur le fleuve. Je voulais traverser pour la rive sud à Entre Os Rios, mais les pancartes pour Castelo de Paiva me ramènent toujours sur une nouvelle  voie rapide interdite aux vélos. Je reprends la 108 jusqu’à Paços de Gaiolo, où une petite route permet de traverser le fleuve, et de fortes pentes m’amènent jusqu’au village de Cinfaès, d’où la tranquille 222, longeant le Douro en plongeant tantôt sur la rive, puis en remontant tantôt sur la crête me permet d’admirer le vignoble.
Je prends ensuite la direction du sud et par u
n temps tantôt couvert, tantôt ensoleillé, mais restant doux, je progresse en visitant de nombreuses villes et villages historiques, avec des châteaux, pays cathédrales, musées.
Pas besoin de cuisiner dans ce pays aux nombreux restaurants populaires, le plus souvent à 7 € tout compris.
Je m’élève un peu jusqu’à Lamego, à 550m, puis par Moimento Da Beira, Trancoso et ses imposants remparts du 13ième, Celorico, jusqu’à plus de 1000m à Guarda, la plus haute vile du Portugal, pas très chaude en cette saison. L’accueil chaleureux du remarquable hôtel Santos  avec ses petits déjeuners pantagruéliques, fait vite oublier la grisaille. On accède à la vieille ville par de fortes pentes. Les rues pavées abritent des maisons collées les unes aux autres. 
C’est un peu galère pour sortir de Guarda en évitant les voies rapides interdites aux vélos. Je vais encore faire du dénivelé pour atteindre Covilha par le beau paysage du parc d’Estrela. La route serpente au-dessus d’un profond vallon, par roches  et rochers, encombrant les zones de pâturages à  brebis, dont le lait donne le fameux fromage jaunâtre, le Queijo da Serra.
Covilha possède un excellent musée de la laine retraçant l’histoire de cette industrie comparable à celle de la région de Roubaix en France, aux 19ième et 20ième   siècles. On y voit d’énormes machines.
Porto: le Douro et le pont Luis
le vignoble de la vallée du Douro
vers Moimento Da Beira
Guarda
le centre:
Par Fondao, un petit col à 720m, Alpendrinha, Orca et un bon restaurant de soupes/sardines grillées, je rejoins Castelo Branco par un plateau planté de fruitiers, d’oliviers, de grands pâturages à brebis. Il fait bon, le trafic reste faible.
Les meilleures pensions bon marché sont complètes, je finis au Telhadense, où les vieux proprios ne sont pas très aimables, j’attends toujours leur petit déjeuner ! Je monte à pieds par de pittoresques ruelles jusqu’aux ruines du château dominant la ville et les environs, le quartier des hlm tranchant avec les vieilles demeures du centre historique, comme les constructions futuristes de la place centrale, dont la patinoire, et de nombreux bars fréquentés par les étudiants.
J’ai bien du mal encore à sortir de la ville pour rejoindre la 18. Après Vila Velha de Rodao, une belle route grimpe en forêt au-dessus d’un long barrage. Et je subis de lourdes averses en grimpant sur Castelo da Vide.  La femme de l’auberge Machado me laisse poireauter sous le déluge avant de se décider à me laisser une chambre, où évidemment, trempé, je mouille le sol, elle est derrière moi à essuyer le carrelage, puis fini par s’en lasser…Pas de petit déjeuner car ils s’en vont mais pas de réduction pour autant. La pluie se calme et je peux déambuler dans ce magnifique village, le plus beau depuis mon départ, avec son grand château du 13 ième, abritant deux musées, néolithique et militaire, avec des scènes de tortures reconstituées avec des mannequins, ça fait froid dans le dos. Des remparts, on voit l’Espagne toute proche.
Le lendemain, en route pour Portalegre, je visite Marvao sous une pluie fine. Le château possède un long chemin de ronde et une haute tour, offrant une belle vue dans les éclaircies.
Portalegre, ville un peu endormie, possède aussi son château, une belle cathédrale. Les maisons et ruelles du centre historique auraient bien besoin de restauration. Le musée de la tapisserie possède de remarquables pièces, qui faisaient le renommée de la ville fin du XV ième. Le musée municipal conserve  le mobilier et diverses pièces d’art récupérés dans les couvents San Bernardo et Santa Clara aujourd’hui fermés et transformés en caserne.
Une fois quitté la route pour l’Espagne, je suis bien tranquille sans trafic jusqu’à Elwas, dans une campagne tranquille, plantée la encore de milliers d’oliviers sous lesquels paissent vaches et brebis.
La ville se voit de loin avec ses remparts, et son incroyable aqueduc qu’il a fallu cent ans au 17 ième siècle pour construire. Les musées sont fermés ce lundi et je me contente de marches  sur les longs remparts au-dessus des jardins d’orangers. La pluie m’empêche de grimper à vélo jusqu’au fort perché sur une  colline face à la ville. Je me venge sur la nourriture et dans un petit restaurant caché dans une ruelle, on m’offre 7 côtes de porc grillées, avec frites, riz, olives et vin, pour 7€ !
Je rencontre deux jeunes cyclos français en vélos couchés sur un tour d’Europe d’un an, vers le château de Juromenha. Surpris par les pluies diluviennes, ils ont dormi dans les sanitaires du village. Puis la route ondule, il fait bon et j’ai le vent dans le dos. Je mange dans le beau village blanc et bleu de Redondo, et le vent me pousse rapidement jusqu’à Evora, ville patrimoine de l’Unesco, très fréquentée du coup. Des étudiants sont en période de bizutages, tout aussi stupides que chez nous. Et la nuit, ils font bruyamment la fête, cognant à la porte de la pension pour réveiller tout le monde.
au chateau de Castelo Da Vide
Castelo Da Vide
tapisserie à Portalegre
Evora le temple romain
le sud
Je continue direction sud, toujours avec des dénivelés quotidiens dans les 700m, encore dans l’Alentejo, région vinicole. A Viana de Alentejo au beau château, je continue d’abord au sud pour Alvito, d’où j’oblique sur l’est  par une route assez bombée toujours bordée d’oliviers mais aussi d’immenses vignobles. A Moura, belle petite ville aux ruelles blanches et belles maisons agrémentées de fleurs, au château haut perché, tous les hôtels sont pleins, sauf heureusement la modeste résidential Italiana à 20 €. Je visite la ville au crépuscule, et le lendemaint, une petite bambée de 30 km m’amène à Serpa par une route verte et encore des milliers d’oliviers nouvellement plantés, et des brebis dont le lait sert à faire le fameux fromage de Serpa.
Les roulements de ma roue arrière font un bruit d’enfer. Mais à proximité du camping, un réparateur de tout me les change. Ici aussi le château possède un chemin de ronde avec  vue sur la ville bien calme et la région. Le matin est frisquet. Je traverse le Parc National de Vale do Guadiana jusqu’à) Mertola, encore un village au  bord d’une rivière, au chateau perché sur une colline, abritant des fouilles archéologiques d’un village du VI ième siècle. Petite rando  en bord de rivière où de jeunes kayakistes pagaient.
De Mertola, je fais au plus simple pour rejoindre la mer à Villa Réal, quittant l’Alentejo pour l’Algarve, par l’IP27, avec près de 1000m de dénivelé sur 86 km, au début sous la pluie, dans un paysage de petites collines arides et caillouteuses, parcourues par des chasseurs, que je retrouve au restaurant d’Obelette. Des plantations d’arbustes servent à fabriquer des panneaux d’aggloméré. J’arrive en bord de mer sur Castro Marim, et visite le château avec vue sur l’Espagne, un grand pont, des marais salants, et Villa Réal, où je me retrouve au grand camping  de Monte Gordo. Je suis un des rares à camper parmi les camping-cars et caravanes venus de l’Europe entière, certains comme un Français avec qui je discute un peu, y passe tout l’hiver tous les ans.
Je tente de rejoindre Faro par la voie verte longeant la mer, mais il est impossible de s’y retrouver, tellement elle est mal balisée, et je me résous à prendre la route très fréquentée et jamais en bord de mer. Le soleil revient et je peux enfin rouler en T-shirt. Cette fois je vais en pension, la Dandy au couple qui s’engueule souvent. La ville est belle avec son port de plaisance plein de yacht. Le soir, je me retrouve dans une immense foire commerciale noire de monde.
Je pars en barque à moteur visiter les iles et chenaux du parc naturel Ria Formosa, aux nombreux oiseaux, spatules, sternes, aigles pécheurs à la forte mortalité à cause de l’eau salée les rendant aveugles. On aborde sur deux iles, une sableuse et déserte, une autre, Culatra, aux maisons fraichement peintes, quasi vide à cette époque, où peut louer une maison pour s’y ennuyer de longues journées, en ayant pris soin d’amener du ravitaillement.
Je rejoins Lagos, en une petite journée, encore dans le trafic dense sur la 125. Les chauffeurs doublent en rasant, font des queues de poissons quand ils tournent. Lagos est encore plus fréquentée, c’est une belle ville, je trouve un bon hostel tout neuf où je partage la chambre avec un routard australien peu bavard.  Je visite les monuments, fort, églises, château, ruelles. Je marche en haut de la falaise, jusqu’à la Ponta da Piedade, et ses arches, tunnels, grottes formés par les courants et les vagues.
Il ne me reste pas assez de temps pour remonter jusqu’à Lisbonne et y séjourner. Je décide de remonter jusqu’à Beja que j’avais négligée.  De Lago, je grimpe jusqu’à Monchique, village un peu décevant,  puis je continue plein nord pour camper vers Luzianes.La région vit aussi de jeunes plantations pour cellulose et de récolte du chêne liège.  Nuit fraiche evc beaucoup de condensation. Pour rejoindre Castro Verde depuis Ourique, j’emprunte l’IP2 en principe interdite aux vélos, mais il n’y a pas d’alternative ! C’est souvent un problème au Portugal où des routes ont été transformées en voies rapides interdites aux vélos, mais sans alternatives pour ceux-ci, où à faire des détours de plusieurs dizaines de km. Castro Verde possède un tout nouveau camping encore peu fréquenté. J’erre dans la ville bien calme, église encore, petites rues aux maisons blanches et bleues. Le snack des pompiers très fréquentés par des ouvriers sert des plats complets copieux arrosés de vin comme d’ab, pour 7€. L’étonnant musée des lampes à huile possède près de 20000 lampes aux formes diverses, trouvées ensevelies sur un site proche, datées des Ier et II ième siècles. Encore de la pluie dans la nuit. Je dois faire des détours pour rejoindre Beja en évitant les voies rapides en travaux. Je randonne un peu dans une réserve ornithologique abritant des outardes.
Le camping de Beja est en plein centre, pas très fréquenté, mais calme la nuit. Je visite le chateau, le superbe musée régional, le nucléo-musée où on marche sur des plaques de verre au-dessus des ruines d’un village romain. Sinon, la ville semble pauvre, j’y vois quelques sdf racontant que le Portugal est au bord du gouffre !
Je rejoins Faro en deux jours, passant une nuit à Almodovar, profitant enfin d’une longue descente, retrouve la pension Dandy. Je sois racheter au Décathlon un nouveau sac vélo pour prendre le train Faro/Porto, condition pour accepter le vélo dans le train. Parcours confortable.
Je passe à nouveau quelques jours à Porto, logé encore à la confortable Koolhouse. Je roule jusqu’aux longues plages du sud bien aménagées et encore bien fréquentées en ce début novembre.
Je reviendrai très prochainement pour zigzaguer le long de la côte de Porto à Lisbonne et visiter Lisbonne.
Et je reprends l’avion de Ryanair pour Vatry, après ces 1640 km.
Moura
Serpa
Castro Marim, vue sur le fort
Lagos: Punta de Piedade
entre CastroVerde et Beja
Beja
Porto, plage du sud
Porto/Lisbonne/Sagres
En automne 2015, je suis parti de Porto pour la vallée du Douro, pour ensuite descendre vers le sud par l’intérieur des terres, et j’ai beaucoup aimé ces villes et villages parfois hauts perchés, la moyenne montagne, les prairies caillouteuses plantées d’oliviers, où paissent quelques troupeaux de vaches et  moutons.
Cette fois je pars de nouveau de Porto. J’avais l’intention de longer au maximum la mer, mais je me suis vite rendu compte que ce n’était pas très intéressant, la côte étant le plus souvent bien bétonnée pour accueillir les nombreux touristes. Je longe d’abord la mer, par Espinho, son musée de la conserverie retraçant la vie du village au temps de la pleine activité de fabrique de conserves de sardines, autres poissons, huiles et autres produits de la mer exportés dans toute l’Europe. J’en ai mangé, je m’en rappelle. Tout est fermé maintenant et le village s’est bien endormi, même si les pécheurs ramènent encore beaucoup de poissons plus travaillés sur place.
Espinho
Aveiro
Aveiro
Aveiro la gare
Je me prends de bonnes averses et des rafales de vent, avant d’arriver à Aveiro, très belle ville avec ses canaux, de beaux immeubles, des musées, de belles balades sauvages dans les marécages.
De là je reste un peu à l’intérieur des terres, où c’est rarement plat, mais plus calme. Je retrouve la chaleur à Luso, ville thermale bien pentue, puis la pluie pour 3 jours à Coimbra, qui abrite la plus grande  université du Portugal. J’en profite pour visiter les nombreux monuments et musées du centre historique, impressionné par la bibliothèque Joanina où tout est fait pour conserver les 300 000 ouvrages d’une valeur inestimable. J’ai la chance de trouver une place au resto U du musée des sciences, repas exceptionnel pour 7€ tout compris.
Maps me m’aide à rouler tranquille sur de petites routes. Je découvre, avouant mon ignorance, que les Romains s’étaient aussi installés au Portugal, en visitant les ruines de Conimbriga. Quand on compare la structure de nos villes, on se demande si on a autant progressé qu’on ne l’estime généralement !
Après le château de Pombal, les monastères de Bathala, immense, et Alcobaça, le pittoresque centre historique d’Obispo, je retrouve la mer à Peniche, ses plages et ses spots de surf, sa forteresse. Tantôt en bord de mer, tantôt plus à l’intérieur, alternant campings et guest-houses, par Ericeira, autre centre de surf, je rejoins les collines de Sintra, où je marche beaucoup pour visiter châteaux, parcs,  couvents et musées en compagnie de nombreux touristes.
De l’auberge de jeunesse d’Oeiras, puis la Dinastia Guest-house dans Lisbonne, je passe quelques jours à visiter la ville, à pieds, à vélo, en métro ou en train.
monastère de Bathala
chateau de Pombal
Pombal
vers Luso
vers Luso
Coimbra
plage vers Lisbonne
Lisbonne tour de Belem
Sintra
Sintra Palais National
Un ferry depuis le Cais do Sadre, me fait traverser le Rio Tejo jusqu’à Seixal, sur la péninsule de Sétubal. Je zigzague avec quelques difficultés pour rejoindre la route de bord de mer accédant à Sétubal. Puis un nouveau ferry me dépose sur la péninsule de Troia, occupée aussi par les Romains il y a 2 millénaires.
Finies les zones urbanisées, je roule en territoire plus sauvage, sur une longue et bonne route traversant la pinède sableuse. Je peux divaguer sur les longues plages quasi désertes. Je reprends de nouveau un peu l’intérieur, Santiago de Cacem, Sao Teotino, puis Aljezur et la 268 jusqu’à Sagres, à la pointe sud du pays. J’aime l’endroit, la forteresse et  la longue promenade au-dessus des falaises ventées, à la découverte d’une végétation rase mais riche en variétés, le port de pêche, la balade jusqu’au Cabo de Sao Vicente, l’extrémité sud-ouest de l’Europe.
Je rejoins Lagos en une demi-journée, puis Faro, pour ensuite revenir en train à Porto.
un des rares bivouacs
Cabo San Vicente