GR211: tour du Val d'Aran en 4 jours (27 au 30/8/2015)
Parti de Montréjeau, je rejoins à vélo Pont d’Arros juste avant Vielha. Après une bonne nuit, Je  laisse le vélo au camping Vernada, traverse la route et rejoins le gr211 direction nord. Ça grimpe sec sur Vilamos puis Arres de Jos, avant de redescendre par un raccourci sur le bourg touristique de Bossost, l’occasion de me taper une bonne bière. Un long sentier plat plus ou moins parallèle à la route mène à Les, puis ça regrimpe assez sec, de 300m sur 2km, pour Canejan, village perché sur un éperon rocheux, quasi vide. Au bar, j’attends 15 mn avant qu’une jeune fille ne descende me servir.
Je quitte ce village vers 17h, je chemine à flanc de falaise sur un sentier étroit, ne trouvant un coin acceptable pour ma petite tente qu’une heure après. Je soigne à coup de Bétadine une aine déjà meurtrie, brûlée par la sueur. Un ours a déjà été vu dans le coin, et j’y pense en me couchant. Dans la nuit un gros bruit de branche me réveille, mais ça reste éloigné de la tente, plutôt des sangliers, j’ai quand même un peu la trouille!
Réveillé par des cris d’oiseaux, je suis vite à Percinglès, en fait une maison isolée, vide malgré d’évidentes traces de vie. Un sentier rocheux monte et descend, puis fond sur le hameau de San Juan de Torrès, avec ses belles maisons de pierres, manifestement des résidences d’été. Un petit restaurant au bout du hameau n’ouvre qu’à 10h30, trop long à attendre, mais pas très loin, j’atteins le refuge d’Honeira, où la jeune gardienne fait le ménage et accepte de me faire un bon lomo au fromage.
Une piste forestière remonte près du lit d’un torrent cascadeur  et mène au pont de Barrier. Ça continue à grimper, ça va être toute la journée comme ça. Sous moi j’aperçois des névés vers les 1500 puis 2000m. Le chemin n’en finit  pas de zigzaguer dans la « Pala de Guerri ». Je me perds un peu sur le site étrange, austère des anciennes mines de Liat, finissant par enfin trouver la rustique cabane de Liat, petit refuge non gardée. J’y suis seul en cette fin d’après-midi, récupère de l’eau dans un ruisseau sortant de la mine. Vers 20h alors que la nuit tombe, une jeune fille passe pas loin, en short et t-shirt et avec un tout petit sac. Je me demande où elle va à cette heure, loin de tout village ou gite ! Je me dis qu’elle doit être du coin. Une heure après, la voilà qui revient un peu affolée. Elle a perdu son groupe familial, qui finit par arriver en pleine nuit. Ils sont 8, ayant manifestement prévu de squatter la cabane pour le week-end. Du coup, je monte ma tente plus loin pour être tranquille. Un vent léger et doux se promène sur les croupes et à la surface des petits lacs, chantant parfois dans les ferrailles des ruines de la mine, abandonnée il y a une centaine d’année.
Une dure journée m’attend encore pour le troisième jour. Je suis rapidement sur une piste, croisant des 4x4 montant des touristes aux mines, et quelques groupes de randonneurs. A cause d’un 4x4 garé devant une pancarte, je loupe le sentier de Montauliu, et doit faire demi-tour. Quelques randonneurs s’en vont faire le pic Mauberne à la frontière, mais je reste le seul après sur le gr 211, qui emprunte un chemin gazeux longeant des ruines de mine encore, qui ne devaient pas être facile à exploiter si loin des villages et dans un paysage austère, caillouteux, très pentu. J’emprunte d’anciens tunnels où des rails pour wagonnets subsistent. Après le contour du magnifique lac de Montauliu, j’atteins le Pont d’Urets juste à la frontière aux pieds du pic Mauberne. Je piquenique dans la cabane. J’ai du mal à trouver le bon chemin, qui mène au pic de l’Homme, sommet caillouteux à 2700m. Les balises disparaissent et j’avance à la boussole dans ce paysage minéral. Pas moyen de trouver le Pont d’Orla. Je finis par descendre raide dans la pampa pierreuse, puis le lit d’un torrent à sec. Zigzagant pour éviter les précipices, je crains toujours d’être bloqué par une falaise et de devoir remonter, mais après cette exténuante descente, je rejoins un torrent que je peux identifier sur ma carte. Je retrouve d’abord par un bon sentier, de vieilles balises de gr, puis elles disparaissent et je me retrouve dans une espèce de jungle, pénétrant dans de hautes herbes ou enjambant des troncs d’arbres à terre, m’éloignant puis me rapprochant du torrent. J’ai l’impression que je ne sortirai jamais de cette jungle, je trouve le temps bien long, je sue, suis moitié déshydraté. Un chemin apparaît pour disparaître aussitôt dans les hautes herbes. Manifestement le gr ne passe pas ou plus par ici, ou personne n’emprunte ce passage. Enfin j’atteins un croisement de torrents, puis une maison, et ouf, la piste qui mène au refuge de Montgarri. Je préfère camper dans les sapins, loin des troupeaux aux cloches bruyantes. Soirée égayée par des bruits d’animaux, chevreuils, pics…
Je passe au matin l’horrible station de ski de Beretz avec son immense parking bétonné. Une autre station apparait plus loin, tout aussi moche, Orri.
J’atteins maintenant une zone de villages encore endormis, Salardu, Gessa, Ardies…Il me faudra attendre Vielha pour enfin déguster une bière. Je remonte à 1200m au hameau de Moncorbeau. Ça redescend et je termine cette rando par le bout de Camino Réal qui mène au camping Vernada par l’autre côté de la route.
bivouac après Canejan
vue sur des sommets pyrénéens
mines de Liat
lac de Montauliu
Salardu...Gessa, et la vallée
dénivelé+4700m
36 h de marche