Bijapur, ville très ancienne, avec ses vieux remparts, s’avère plus accueillante, plus importante, mais il est aussi plus difficile de s’y diriger. Une fois un point de chute trouvé, je finis par l’apprivoiser pour en découvrir les sites intéressants, surtout le Gol Gumbaz, le dôme rose datant du 17ème, avec sa galerie aux 10 échos où les jeunes visiteurs indiens s’en donnent à cœur joie, criant tout ce qu’ils peuvent et dont les échos entremêlés me cassent la tête.
La ville à majorité musulmane abrite de très anciennes mosquées, dont la grande Jama Masdjid, la vieille citadelle Ibrahim Rouza, et des ruines de temples à quelques kilomètres.
Un peu plus loin à Athini, que j’atteins en traversant un plateau aride et dépeuplé,  je loge dans une lodge où la douche consiste en un seau d’eau chauffée avec une résistance électrique. Je mange au bar où là aussi, ça distille sec des alcools forts, et je sens bien que je suis l’objet de leurs conversations amusées. Au Karnataka, en dehors des sites touristiques on parle peu l’Anglais, et même la langue nationale, l’Hindi est peu connue.
gamins de Bijapur
On y parle le Kannada, avec un alphabet bien particulier et les indications non doublées en Anglais comme dans beaucoup de régions de l’Inde restent incompréhensibles. Les ruelles de la ville sont encombrées de centaines de camelots spécialisés ; L’un des oranges, l’autre des bananes, ou des gâteaux, ou des outils, ou du thé à 3 ou 4 roupies le petit verre.
Je discute avec un local qui me conseille d’aller à Gokak pour y voir une belle cascade. Il a bien eu raison, l’endroit est impressionnant avec une gorge profonde où s’affale les eaux de la rivière. Dans la ville, je suis sérieusement enquiquiné par un jeune à moto qui me prend pour un jouet, je garde mon calme et il finit par abandonner son manège. C’est aussi une ville de tourisme médical avec des cliniques et hôpitaux modernes.
Traversant des plantations de canne à sucre, de choux, de tabac, je rejoins la grande ville commerciale de Belgaum, où là encore, je suis étonné par l’abondance des produits sur les marchés et dans les boutiques. Je trouve que c’est une ville symbolique de l’Inde, toujours en mouvement, avec une classe moyenne prépondérante, pas ou très peu de signes de pauvreté.
Je suis depuis plusieurs semaines sur une sorte de plateau avoisinant les 6 à 700m et la température reste acceptable, avec souvent un temps brumeux empêchant le soleil  de trop chauffer l’air. Avant de rejoindre la côte ouest et Goa, je fais une courte étape à Amboli, petite station d’altitude calme et accueillante, propice aux balades en forêts dans les collines, ce qui me permet de faire une petite incursion dans l’état du Maharashtra. Une belle descente avec de remarquables points de vue m'amène jusqu’à la côte, mais la dite station balnéaire de Vengurla  ne m’attire pas du tout et je vais du coup pousser jusqu’à Goa (voir plus loin itinéraire et récit Goa).